Homme portant masque plastique protection covid 19

“Et si nous fabriquions des visières de protection ?” Cette idée pas si folle a pris forme dès le mois de mars dans la tête de Bruno Favard, Stéphan Monin et Arnaud Lathuillière, dirigeants d’Harmonyl. Depuis une dizaine d’années, l’entreprise basée à Saint-Sauveur transforme des matières plastiques. Ainsi, la PME fabriquait il y a peu des boites de bonbons et des présentoirs publicitaires. Mais la crise du coronavirus est passée par là. Alors, plutôt que de tout mettre à l’arrêt, la société a décidé de rendre d’utilité publique son activité.


“Cela s’est fait sur la base du volontariat”, assure Bruno Favard, l’un des cogérants. Une dizaine de personnes se sont mises en arrêt maladie “pour protéger leur famille, ce qui est le plus important”, tandis qu les autres se sont organisées en équipes. “Les règles sanitaires sont faciles à respecter, puisqu’il n’y a que six personnes dans un bâtiment de 3 000m²”, précise l’entrepreneur.

 

Une prise de risque payante.

 

Avant même le confinement, la PME avait “pris le risque d’acheter toute la matière première nécessaire”. En deux mois, 150 000 visières sont réalisées. “Avant le 16 mars, nous n’étions même pas sûrs de continuer, se souvient Bruno Favard. Mais ensuite, la demande a explosé.” Les premiers modèles sont conçus pour le personnel soignant des hôpitaux, puis tout s’emballe avec une grosse commande de Leclerc (12000 pièces). Depuis, la société travaille avec la SNCF et la RATP, entre autres.

 

 

Pour autant, pas question de tirer les priex vers le haut : entre 7 et 9 euros. “Cela nous permet de rentrer dans nos frais et de payer les salaires, tout en aidant.” Ces nouveaux clients ont quand même permis de doubler le chiffre d’affaires. Et de récompenser “des employés exceptionnels”, selon Bruno Favard : ” Une prime a été allouée le mois dernier et d’autres devraient suivre.” 

 

 

Cette parenthèse dans l’activité de l’entreprise devrait néanmoins se refermer avec l’été. Le cogérant conclut : “Cela ne nous aura pas rendus riches, mais fiers de notre travail”.